Sismographe

Yukiko Nakamura - danse
Nicolas Desmarchelier - dessin
Olivier Toulemonde - Ressorts amplifiés

 

L’un projette le son, l’une est corps, l’autre dessine.
Du son au trait, le geste oscille.
Interférence et confusion des signes.

Olivier Toulemonde manipule les matières sonores au moyen de longs ressorts, suspendus au plafond, et qui rappellent autant la toile d'araignée qu'une machine électrique d'un autre âge. La matière sonore provient d'un dispositif en apparence immobile – les ressorts entrent en vibration, mais de façon imperceptible à l'oeil nu. Une fréquence vient s'enrouler autour du vide. D'autres entrent en friction, puis viennent s'entrechoquer, déplaçant des masses sonores imposantes dans un jeu de bascule.

Telle une ombre, Yukiko Nakamura traverse l’espace. Petit à petit, à la vision d’une danseuse se substitue une autre vision, plus abstraite, celle d’une matière polymorphe en lente transformation. Les fibres se tordent, se relâchent et s’étirent, sculptées de l’intérieur par le mouvement de l’air. Ce corps abandonné, semble manipulé par des forces invisibles, envoûté par quelque esprit archaïque qui aurait trouvé là un costume idéal, docile et souple.

Nicolas Desmarchelier trace des dessins brefs et épurés. La main qui dessine danse sur l’écran. De grandes figures abstraites s’élaborent sous nos yeux, la vibration de l'instant se fige un instant dans le sillon de quelques traits noirs, puis disparait. La page est tournée. Nouvelle page blanche. Calligraphies imaginaires tracées dans le sable, aussitôt soufflées par le vent.

Tel les ouvriers d’un sismographe géant, les trois artistes enregistrent les séismes de l’écorce terrestre, de l'écorce des corps et les turbulences de l’air.

 

 

 
© 2014 Olivier Toulemonde